« Aux environs d’1 h du matin, le QG a été bombardé par hélicoptère et cerné au sol par des troupes de la garde présidentielle, de la police et des mercenaires », a expliqué Jean Ping, joint au téléphone par RFI cette nuit.

« Ce scénario se répète depuis cinquante ans. L’opposition gagne toujours les élections, mais n’accède jamais au pouvoir par les mêmes procédés, les mêmes procédés qui sont utilisés par un clan depuis cinquante ans et qui confisque le pouvoir. Vous savez que le pouvoir au Gabon, depuis cinquante ans, est entre les mains d’une famille et d’un clan. Et c’est un remake permanent », poursuit Jean Ping.
Informé de cet assaut, le candidat de l'opposition, qui assurait se cacher quelque part en lieu sûr, déclarait un peu plus tôt dans la nuit : « C'est de la folie. Une folie meurtrière venue de quelqu'un qui veut s'accrocher au pouvoir par tous les moyens. » Il parlait bien sûr du président Ali Bongo réélu à la tête du pays.
De son côté, le porte-parole de la présidence gabonaise assurait cette nuit que l'assaut du QG de Jean Ping visait « des criminels » qui avaient incendié l'Assemblée nationale. « Des personnes armées qui ont incendié le siège de l'Assemblée nationale se sont repliées au QG de Jean Ping en même temps que des centaines de pilleurs et de casseurs (...) Il ne s'agit pas de manifestants politiques mais de criminels », a déclaré à l'AFP Alain-Claude Bilie-By-Nze, porte-parole d'Ali Bongo.