La coopérative des bouchers de Labé a annoncé, vendredi, le déclenchement à partir de la semaine prochaine d’un mouvement de grève de 48 heures pour protester contre la détention à la maison centrale d’une jeune dame condamnée par le Tribunal de Première Instance à 12 mois de prison ferme pour recèle d’une forte somme d’argent volée par une jeune fille à sa mère, a appris votre quotidien en ligne echosdeguinee.net d’une source officielle.

La célèbre prisonnière de Labé, du nom de Fatoumata Binta Diallo est détenue depuis près de 7 mois déjà à la maison centrale de Labé. Elle est retenue dans les liens de la culpabilité de recèle d’une forte somme d’argent estimée à 32 750 000 francs guinéens qu’une fille prénommée Aïssatou aurait volée à sa propre mère. Cette décision de justice est tombée alors que l’accusée avait un bébé de quelques semaines seulement.
Pour l’opinion locale, rien ne prouve la culpabilité de cette pauvre dame. C’est pourquoi, sa condamnation a suscité un tollé général et mobilisé les femmes de Labé et l’ensemble des acteurs de la société civile qui ont tapé à toutes les portes de Labé à Conakry. Mais en vain.
Même l’OGDH (l’Organisation Guinéenne de défense des Droits de l’Homme et du Citoyen) qui a recruté un avocat pour l’accusée n’a pas réussi encore à faire libérer cette dame.
C’est justement pour renforcer l’élan de solidarité et maintenir la pression sur les autorités administratives et judiciaires que les bouchers de Labé, collaborateurs du mari de la femme, ont décidé de s’engager dans un mouvement de grève générale en procédant à la fermeture de la boucherie centrale pour 2 jours à compter du lundi, 05 septembre 2016.
« Il ya de cela très longtemps nous avons voulu déclencher cette grève mais comme les autorités nous ont toujours prié d'attendre nous promettant du coup de faire quelques chose pour la libération de notre femme.  C'est pourquoi, nous nous sommes décidés de nous patienter durant tout ces mois », a expliqué le chargé des conflits de la coopérative des bouchers de Labé, Boubacar Kanté.
Notre interlocuteur a, par la suite, affiché sa déception après les différentes rencontres avec les autorités y compris le Gouverneur de région, Sadou Keita.
« Les autorités nous ont promis terre et ciel, mais rien n'a été positif dans tout ça » a-t-il déploré.
Si les bouchers de Labé ne réussissent pas à se faire entendre à l’issu de ces deux jours, leur mouvement de grève pourrait se radicaliser à en croire le porte-parole de leur coopérative.
« si ces deux jours ne donnent rien, nous allons engager une nouvelle grève d'une semaine. Nous avons l'obligation de soutenir la femme de notre ami, collaborateur, parent et compatriote parce qu'après tout c'est une guinéenne qui est injustement emprisonnée alors qu'elle a derrière elle un bébé qui n'a pas encore une année de vie. Et pire ! Ce bébé qui est gravement malade a été plusieurs fois transporté à l'hôpital ou à la clinique. Lors de sa dernière visite, les médecins nous ont indiqué que le nouveau né n'a besoin que le lait de sa maman pour sa santé » poursuit Boubacar Kanté.

Mamadou Saifoulaye Diallo, Labé pour echosdeguinee.net
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